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Poème d'un natif de notre ville
CASTIGLIONE-BOU ISMAÏL
Quand l'Histoire avec un grand H Notre vie coupe à la hache Et laisse au fond de notre mémoire Les fragments épars du miroir
Des souvenirs du kiosque à musique Où les soirs de fête à flon flon, Sur des airs de rumba magique Virevoltaient maman Loulou et papa Fonfon.
Des échos de cette boutique de tailleur Où le paternel, de gros ciseaux muni, Ebauchait l'esquisse d'un tailleur, D'un costume, de tout son art muni.
De l'école remontent des souvenirs infimes, De Charlie Chaplin les petits films Projetés pour deux classes réunies D'élèves dans une même joie unis.
Du Boulevard de la Mer et de la plage Il me reste un parfum de pistache D'une glace qui ne manquait de faire tâche En coulant goutte à goutte sur le maillot de plage.
Il me reste aussi ces oursins violets et bruns Dont la vue sous-marine dilatait mes pupilles, Dont l'écrin de corail alléchait mes papilles ; Leur parfum délicat se mêlait aux embruns.
Quand un matin dévalant la pente Conduisant de la mairie à l'église Sur mon vélo à direction déficiente Et sur les freins duquel j'avais peu prise Je n'ai pu contourner l'édifice Et me retrouvais après parvis dépassé Au cœur de cet endroit ma foi peu propice A une virée cycliste dont je me serais passé. |
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De ce vélo je parle, mais pas en solitaire, Avec mon copain algérien je l'ai partagé. Moi le vélo rouge, lui le bleu clair. Du bitume nous en avons " mangé ", Du cinéma à la gare routière Et du Plateau à la plage Parfois nous étions " en nage " Il se reconnaîtra, j'espère.
Il me souvient encore, dans cet aquarium La présence d'une tortue, de surcroît énorme Qui d'une pièce de cinq francs se faisait un festin Et dont l'âge canonique était signe du destin.
Du club de judo maintenant il me reste Une photo où harassés et contents à la fois Nous brandissions dans cette compétition modeste Coupes et médailles âprement gagnés parfois.
Je ne puis terminer, cela va de soi, Sans évoquer cette famille, qui pour moi A beaucoup compté dans ma prime jeunesse ; Elle a manifesté tant de gentillesse Avec ce bambin que j'étais Qui chez lui, de manger refusait Mais qui dans cette grande convivialité Avait honoré son statut d'invité. Nous faisions cour commune dans la Rue Nationale; Et notre relation était plus que cordiale. Par pudeur, la nommer je ne saurai Mais je pense que se reconnaître aisément elle pourrait.
Quand dans le puzzle des souvenirs Des pièces éparses se portent absentes Pour mieux asseoir le présent et préparer l'avenir Les réunir il sied dans une entité cohérente.
Alain FERRIGNO |